Les Chefs de musique

Considérons une société: il faut des membres actifs ou honoraires, il faut un conseil d'administration. Dans le cas d'une société musicale, il faut surtout un chef de musique. Là aussi, la Philharmonie a toujours réussi.



Les premiers chefs de la Musique de la Garde Nationale furent Pierre Salan et A. Devet. Ils étaient aidés, pour les cours de musique, par Stanislas Verroust éminent hautboïste hazebrouckois et de Charles Braëms.

Vers 1858, c'est Louis Verbeke qui dirige la Société, il est aidé par Edouard Bourdon. Sous sa direction, de gros progrès sont réalisés et la Société Philharmonique enregistre de beaux succès dans les concours organisés dans la région.

En 1890, on fête ses 50 ans de musique.

En 1898, il est fait officier des Palmes Académiques. Il a 58 ans de musique, 50 ans de présidence et 40 années de direction: un record quasi inégalable.

A sa mort, en 1901, c'est le sous-chef depuis 1887: Charles Davion qui lui succède. C'était un homme très autoritaire et très respecté. Atteint de la goutte, il dirigeait assis. Lorsqu'il se levait pour faire une remontrance: c'était le silence absolu, les musiciens en avaient peur. Mais, Charles Davion était foncièrement bon et tous les musiciens l'aimaient pour cette qualité. Il meurt en 1918.

En 1920, les musiciens élisent un nouveau chef: Paul Debruyne. Selon les statuts de la Société, les musiciens élisent leur chef; celui-ci est présenté à la Municipalité pour agrément.

Paul Debruyne est aidé par son sous-chef Jérôme Peel. Les musiciens sont très instables: beaucoup d'entre eux ont fait la Grande Guerre et ne se laissent pas commander.

Le 14 juillet 1922, Jérôme Peel reprend la direction de la Société. La Société Philharmonique prend part à de nombreux festivals et remporte souvent le 1er prix. Avec ce chef dynamique, l'effectif passe de 50 membres en 1930, à 55 en 1934.

Jérôme Peel est malheureusement malade. Gaston Sansen et Robert Théry assurent l'intérim à partir de 1935. Or, salarié de la commune, Jérôme Peel ne peut prétendre à une pension d'invalidité s'il continue à diriger la Société de musique. Il doit démissionner.

Bien malgré lui, n'y tenant pas énormément au début, Robert Théry est nommé chef par tous les musiciens. La Société a trouvé son homme providentiel.

Robert Théry, chef de musique de 1936 à 1978Avec ce chef, foncièrement bon et à l'écoute de tous, la Philharmonie va faire un prodigieux bond en avant. Essor, malheureusement interrompu par la Seconde Guerre Mondiale. En 1943, à son retour de captivité, la Société ne compte plus que 26 membres actifs. Courageux, avec une ténacité exemplaire, il va former de jeunes élèves.

En 1945, 37 d'entre eux sont admis musiciens. Chaque année voit ainsi un nouveau contingent d'élèves venir grossir les rangs de la Philharmonie. Il est aidé par Albert Coudron (professeur de cuivres et sous-chef), Edgard Francke (professeur de bois) et André D'Haudt (professeur de tambour).

La Société Philharmonique fait de la très grande musique et devient une des meilleures de la région. Le niveau musical est très élevé: le chef Théry monte toutes les ouvertures de Rossini, les grands ballets de Delibes, Messager, Massenet, Gounod et aborde souvent Lalo, St Saëns et Wagner.

Le 15 octobre 1952, il est nommé Officier d'Académie et reçoit sa décoration au milieu de ses musiciens.

Le 15 mai 1960, il reçoit la Médaille de la Confédération Musicale de France pour 25 années de direction.

Lors du concert de Gala du 30 avril 1975, il reçoit l'Etoile Fédérale pour 50 années de pratique musicale. Mr Théry est en effet entré à la Philharmonie en 1925 au pupitre de flûte; son père Abel Théry était déjà musicien depuis de nombreuses années.

Le 9 octobre 1978, après 53 ans de musique dont 42 de direction, Mr Théry dirige sa dernière partition: La Marche Hongroise de la Damnation de Faust de Berlioz et dépose sa baguette. Il fait valoir ses droits à la retraite musicale. Les musiciens le nomment immédiatement directeur honoraire et passent à l'élection de son remplaçant. 
Daniel Francke, chef de musique de1978 à 2011Proposé par la Commission, c'est Daniel Francke qui est élu 8ème chef de la Société Philharmonique de Steenvoorde. Le mois suivant, il dirige sa première audition de Sainte Cécile

 

Septembre 2011. Après 33 ans de direction, Daniel Francke prend une retraite bien méritée et rejoint son pupitre: les clarinettes. C'est un autre clarinettiste qui est élu chef de la société: Nicolas Decroix.Nicolas Decroix